Témoignages

Voici des témoignages qui parlent de la sérophobie. Ajoutez le vôtre en nous l’envoyant à : commentaires@stopserophobie.org

Ce que je trouve le plus difficile de vivre avec le VIH, c’est au niveau des rapports amoureux. Subir le rejet suite à un dévoilement de mon statut à un nouveau partenaire sexuel ou amoureux me fait mal. Les expressions du visage de certains sont tellement remplies de dédain, c’est blessant ! Des gars m’ont dit que je l’avais cherché et que c’était bien fait pour ma gueule. Bref, ce n’est pas facile. Je ne sais plus si je dois le dire, à qui le dire, quand et comment le dire. Et là, je ne parle même pas du milieu de travail, où on me tolère comme gai, mais où personne ne connaît mon statut sérologique. Si seulement ils savaient. J’aurais peur de perdre mon emploi.

Éric, 52 ans

Les gens s’étonnent souvent quand je leur dis que je suis séro+. Ils me disent « mais t’es tellement jeune ! » ou « t’as pas l’air » comme si l’âge faisait une différence ou qu’on peut deviner le statut de quelqu’un par son apparence. Souvent, ils vont avoir pitié de moi, comme si ma vie est complètement gâchée à cause du VIH. Ils ne comprennent pas que c’est difficile de vivre avec le VIH à cause de la discrimination, la ségrégation et les attitudes négatives des gens.

François, 22 ans

Être gai et séro+ en région n’est pas facile. J’ai essayé de cacher mon statut pour ne pas vivre le rejet. Je l’ai dit à un gars qui m’intéressait en début de fréquentation. Il ne voulait rien savoir d’une relation avec moi, mais le pire est qu’il l’a annoncé à tous ces amis. Dans une petite ville comme la nôtre, les potins voyagent vite. Là, je suis pointé du doigt et personne ne veut être vue avec moi par peur que les gens pensent qu’eux aussi sont séro+.

Jean-Marc, 37 ans

Je vis avec mon chum Paul depuis 6 ans. Il est séronégatif. Lorsqu’on s’est rencontré, j’ai lui annoncé mon statut en partant et pour lui, il n’y avait pas de problème. Ce qui est difficile est la réaction des gens, spécialement ses amis et sa famille. Ils ne comprennent pas qu’il veuille sortir avec moi, comme si j’étais de la marchandise abîmée. J’ai toujours été ouvert par rapport à mon statut. Je travaille dans un organisme de lutte contre le VIH et je suis actif dans le milieu. Les gens pensent que Paul est séro+ juste parce qu’on est en couple. Des fois, je me sens mal pour lui, il vit de la discrimination à cause de moi.

Frédéric, 44 ans

J’ai mis mon profil sur un site de rencontre pour trouver un chum. Je suis tombé sur le profil d’un gars qui m’a vraiment plu, donc je lui ai envoyé un message. Il m’a répondu « laisse faire ». J’étais surpris et vexé, je lui ai demandé des explications. Il m’a répondu qu’il a lu sur mon profil « cherche gars clean et en santé». Il m’a dit qu’il est séro+ ET en santé (d'ailleurs, il était beau et musclé et avait l’air plus en santé que moi ☺ ). Il trouvait le mot clean insultant comme s’il était un déchet. Je n’y avais pas pensé de cette façon. Je lui ai répondu que je cherchais un mec séronégatif parce que je voulais une relation sérieuse et que je voulais éventuellement arrêter d’utiliser le condom avec mon copain. Il a répondu, t’avais juste besoin d’écrire « je cherche un mec séronégatif comme moi pour relation de couple ». Ce gars m’a vraiment fait penser à mes mots, d’ailleurs, on se parle toujours de temps en temps.

Jeremy, 27 ans